20 mars 2006

MONOGRAPHIE DE DIEGOUNE

- DIEGOUNE-

- DIEGOUNE-

MONOGRAPHIE DE DIEGOUNE

1.    Situation

Englobant les terroirs des villages de Diégoune, de Djimande et de Kagnobon, la Communauté Rurale de Diégoune couvre une superficie de quelque 120 km2 dont 75% sont voués à l'agriculture pluviale. L'entité est limitée en sa partie nord par le marigot de Ba'ila, au sud par la Communauté Rurale de Balinghor, à l'est par les Communautés Rurales de Sindian et de Tenghori et en sa partie ouest par celles de Thionck-Essyl et de Kartiack.

2.  Caractéristiques du milieu physique

A l'instar de la zone tropicale, la pluviométrie est l'élément climatologique le plus important de la Communauté Rurale de Diégoune, comme du reste de la Basse Casamance correspondant à la Région administrative de Ziguinchor (Sénégal). Ici l'influence des alizés et de la mousson déterminent annuellement 2 saisons dont une sèche qui s'étend de novembre à mai et qui alterne avec l'hivernage caractérisé par la pluviosité.

La pluviométrie moyenne annuelle est d'environ 1000 mm. Elle se caractérise par une variabilité interannuelle, même si tendance générale, depuis 1985, est à la régularité.

Au point de vue pédologique, les sols de la Communauté Rurale de Diégoune sont sablonneux à environ 65% correspondant aux terrains plats ou à faible pente. Quant aux sols sablo-argileux ils sont caractéristiques des plateaux et rizières hautes, la texture argileuse (7% environ) étant celle des basses terres salées ou des bas-fonds.

Ainsi suivant la toposéquence, les eaux sont salées sur les tanns et les marigots (bolongs) avoisinants, douces dans les puits villageois et bas-fonds.

La végétation, de type soudano-guinéen, est aujourd'hui en évolution régressive consécutivement au déficit pluviométrique mais surtout en raison de l'action humaine (déboisement et coupes anarchiques, feux de brousse...). L'économie forestière reste cependant dominée par des essences fournissant du bois et des produits de cueillette alors que les herbes d'hivernage fournissent un fourrage partiellement valorisé pour l'élevage.

La Communauté Rurale de Diégoune compte en outre une forêt classée de 1180 ha alors que sa faune sauvage est composée, en majorité, de biches, hyènes, singes et de divers oiseaux (hérons, pélicans, perdrix, tourterelles...).

L'état de la population

Les données relatives à la population et aux principales activités socio-économiques relèvent des enquêtes effectuées en fin 1998 par SENAGROSOL-CONSULT dans le cadre de l'appui que le cabinet d'études et de réalisations apporte au Conseil Rural de Diégoune.

La population totale de la communauté rurale est de 9025 habitants en fin 1988. La structure de la population traduit une inégale répartition entre villages, une légère prédominance du sexe féminin et le poids démographique du village de Kagnobon au plus grand nombre de ménages.

Au point de vue socio-linguistique, la population est surtout de l'ethnie diola (98,7%) et de religion musulmane (99,5%).

Cette population est par ailleurs jeune, les moins de 20 ans représentant 55% de la population totale dont 51% n'a aucun niveau de scolarisation. Dans ces conditions l'agriculture pluviale est pour 49% de la population la principale activité.


La longueur de la saison sèche, la recherche de revenus monétaires voire la scolarisation secondaire concourent à l'exode de la moitié des jeunes ruraux vers les centres urbains du pays comme Ziguinchor mais principalement ceux situés dans l'axe Kaolack, Saint-Louis, et en particulier Dakar.

L'environnement socio-économique

En dépit d'une certaine homogénéité aux points de vue socio-linguistique, la Communauté Rurale de Diégoune est caractérisée par une faible appartenance de sa population à des structures organisationnelles récentes comme les Groupements d'intérêt Economique puisque seulement 29% des personnes enquêtées connaissent où sont membres de ce dernier type d'organisation. Il est cependant à mentionner que les organisations coopératives ou les groupements de producteurs de type traditionnel sont celles suscitant le plus grand nombre d'adhésions (83%) et pourraient être les organes de base en vue du développement local.

En adhérant aux organisations, la principale attente des populations de la Communauté Rurale est de voir croître leurs revenus financiers (68%), une meilleure organisation de la filière des productions étant pour l'instant marginale (6%). La maîtrise par les élus locaux de la décentralisation et du développement local est insuffisante en raison de la faible connaissance des textes législatifs du fait de l'analphabétisme. Au demeurant, près de 63% des enquêtes n'ont aucune connaissance des agents d'encadrement du développement rural dont la fréquence des visites est insignifiante et indéterminée et les relations avec les populations jugées plutôt directives.

Les enquêtes ont par ailleurs permis une appréciation par les populations des problèmes agro-pédologiques. Il ressort que le déficit pluviométrique constaté entre 1968 et 1985 a notamment contribué à la salinisation des basses terres rizicoles, réduit, avec les surfaces agricoles, concouru à l'appauvrissement des sols et à la baisse des nappes phréatiques. Le sous-équipement et la vétusté du matériel agricole, ainsi le très faible recours aux intrants (semences améliorées, engrais minéral, fumure organique...) rendent faibles les productions agricoles dominées par les céréales (environ 800 kg/ha) en l'absence de pratiques signifiantes de gestion des ressources naturelles.

Les trois villages constitutifs de la Communauté Rurale comptant des écoles élémentaires, la problématique scolaire majeure est à situer dans le mauvais état des infrastructures et de l'équipement des écoles d'une part, du nécessaire relèvement du niveau des élèves pour en réduire la forte déperdition en fin de cycle primaire d'autre part. Parallèlement l'effort d'alphabétisation en langue diola est à soutenir notamment à l'endroit des adultes afin de renforcer les connaissances attitudes et pratiques en rapport avec la décentralisation et le développement local.

Plus en rapport avec la structuration socio-professionnelle, la Communauté Rurale de Diégoune est essentiellement composée d'agriculteurs menant par moments des activités de pêche (Kagnobon), d'élevage,

d'artisanat, de cueillette et de transformation de produits forestiers

L'instrument aratoire face aux résultats mitigés de la vulgarisation agricole et de la faible adoption de la culture attelée est la kadiandou à long manche et dont la pelle oblongue permet un labour profond des sols et un enfouissement de la végétation herbacée.

Le labour étant à la charge des hommes, les opérations de semis et la récolte en riziculture relèvent du ressort des femmes.

Aussi en l'absence d'enquêtes sur les revenus des ménages issus du secteur primaire, ceux-ci peuvent être supposés faibles si l'on se réfère aux surfaces emblavées en cultures commerciales et à l'absence ou l'inorganisation des filières agricoles.

Malgré cet hiatus, l'agriculture demeure l'activité principale de la population active et les principales productions sont le riz (950 tonnes), l'arachide (500 tonnes et le mil (100 tonnes). Les autres céréales (maïs et mil), de même que les tubercules ont une production oscillant entre 20 et 30 tonnes, à l'exception du manioc (environ 100 tonnes).


En raison de l'absence d'un système traditionnel d'irrigation des grandes cultures, de la faible maîtrise de l'eau et de la salinisation des terres rizicoles, de l'inadaptation actuelle de certaines pratiques culturales et de la consommation adéquate des intrants agricoles, les rendements à l'hectare sont faibles et un effort de modernisation et d'intensification requis.

L'élevage bovin est caractéristique de la race ndama trypanotolérante. Il est extensif et les parcs de vaccination aménagés inexistants. Le cheptel compte ainsi un nombre indéterminé d'unités dont la divagation en saison sèche ne permet pas une exploitation suffisante et rationnelle des ressources animales et des pâturages en dépit de l'abondance et de la bonne qualité de ceux-ci en fin de saison pluvieuse. La productivité du cheptel est en outre réduite par nombre d'épizooties et le parasitisme tandis que son alimentation en eau au regard des sources disponibles, notamment en saison sèche, pose à la fois des problèmes tant qualitatifs que quantitatifs

La situation géographique de la Communauté Rurale (entre Bignona et Tendouck, soit 32 km) a concouru à son relatif désenclavement consécutivement à la mise en place d'une route latéritique (soit 17 km entre Bignona et Diégoune). Toutefois les communications avec les autres communautés rurales et entre villages sont parfois difficiles du fait de l'état défectueux ou de l'inexistence des pistes rurales qui conditionnent l'adoption de moyens de transport (vélo, charrettes, piétons...).

Au plan sanitaire, la Communauté Rurale compte deux dispensaires et deux maternités dont la localisation de chacune des précédentes unités à Diégoune traduit une prépondérance du chef lieu de la Communauté Rurale et une défectuosité générale des infrastructures et de l'équipement sanitaires. Les maladies les plus courantes sont le paludisme, les diarrhées, l'amibiase, alors que le péril fécal, du fait de la faiblesse du nombre de latrines pose un problème de santé publique et d'assainissement. Le recours à la médecine traditionnelle pratiquée par les guérisseurs participe à la couverture sanitaire de la Communauté Rurale qui ne compte cependant pas d'infrastructure de production d'énergie moderne.

Dans le domaine des loisirs, la Communauté Rurale compte 3 foyers de jeunes et de terrains de foot-ball non aménagés en nombre indéterminé. Nonobstant ces insuffisances les activités culturelles et artistiques sont fréquentes pendant la saison des pluies marquant le recours temporaire des ressortissants résidents dans les centres urbains.

Enfin la Communauté rurale de Diégoune ne compte aucune infrastructure ou activité touristique.

Partenaires au développement

Quelques partenaires au développement ont été identifiés dans la Communauté Rurale. Les plus significatifs sont :

H   Le projet DERBAC en charge du développement rural de la Basse Casamance (Région de Ziguinchor) qui a appuyé la mise en place de quelques puits pour les groupements féminins ;

       Le Projet de Gestion de l'Eau dans la zone Sud (PROGES0 dont l'intervention a permis au village de
activité de protéger ses terres agricoles contre les eaux salées ;

       ENDA (Environnement et Développement en Afrique)   qui a à son actif l'érection de la digue en sac de
sable de Kagnobon ;

       Le Projet d'Appui à l'Autopromotion dans la Région de Ziguinchor (PAARZ) qui a initié un « Point de
Rendez-vous » entre producteurs et acheteurs, mis en place un jardin maraîcher à Diégoune et construit la
caisse rurale d'épargne et de crédit à Kagnobon ;

       Le Programme Micro- Réalisations du FED qui a assisté la mise en place de la clôture du dispensaire de
Kagnobon ;

       « Visa Santé », organisation française, qui a aidé à la fourniture de médicaments et a la consultation (via
des stagiaires) aux dispensaires de Kagnobon et de Diégoune ;


SENAGROSOL-CONSULT qui appuie l'élaboration du plan de développement local de la Communauté Rurale ;

Le Centre d'Expansion Rurale Polyvalente qui intervient à titre de structure étatique d'appui et de conseils.

Perspectives de développement local

Au regard des contraintes identifiées et de la pauvreté qui caractérise la Communauté Rurale de Diégoune, le Conseil Rural envisage l'élaboration d'un plan de développement local pour les années 2000-2005. C'est dans cette optique que le Cabinet SENAGROSOL-CONSULT a déjà apporté son appui au Conseil Rural en vue du recensement systématique de la population de la Communauté intégrant les paramètres démographiques essentiels et les activités majeures de la population résidente. Le recours à la photo-interprétation et la visite des sites, de même que l'administration d'un questionnaire ménages ont permis la collecte d'un ensemble de données de base dont l'analyse future constituera la base d'une planification locale tenant en compte les aspirations des populations et intégrant la politique d'aménagement du territoire dans la perspective de concilier la décentralisation et le développement.

Pour ce faire, le Conseil Rural, par la diffusion de cette monographie, vise une meilleure connaissance de la Communauté Rurale par d'éventuels partenaires et recherche un appui financier pour :

       L'élaboration de son plan de développement local ;

       La formation des élus locaux en matière de décentralisation pour une meilleure prise en charge des
compétences transférées par l'Etat aux collectivités locales ;

       La réalisation et le suivi des projets et programmes qui seront inscrits au plan.

Annexe



MONOGRAPHIE DE LA COMMUNE RURALE DE DIEGOUNE

(Situation en 1999)

DESIGNATION

NOMBRE

OBSERVATIONS

ASPECTS PHYSIQUES:

* Situation géographique

A TEst de rArrondissement de Tendouck

* Superficie totale

120 Km2

Soit 13% de celle de l'Arrondissement

* Superficie cultivable

90 Km*

Soit 75% de la Superficie totale

* Superficie cultivée

_

Variable

* Forêt classée

1

* Types de sols

3

Sois dkx (sableux), soblo-argileux et argileux (salés).

* Climat

Subguinéen avec humidité relativement élevée.

Température moyenne (27°C) avec maximum (35°C)

en avril et minimum (15°C) en décembre. Deux saisons

(sèche de novembre à mai et pluvieuse de mai à

à octobre). Pluviométrie: moyenne autour de 1000 mm/

an/S5 à 70 jours.

ASPECTS HUMAINS:

* Population totale

9025

* Nombre de village

3

Diégoune, Kagnobon Djimande

ASPECTS SANITAIRES

* Poste de santé

2

Diégoune, Kagnobon

* Maternité rurale

3

Diégoune (02), kagnobon (01)

* Case de santé

0

ASPECTS SOCIO-CULTURELS

* Ecoles élémentaires (39 classes)

6

Kagnobon (3), Diégoune (2) et à Djimande (1 )

* Foyers des jeunes

3

Kagnobon (2), Diégoune (1)

* Grandes mosauées

4

Kajrcfcon (2). Diégoune (2)

* Bois sacrés

5

Au moins 01 par village

ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES

* Coopérative rurale

1

Kagnobon

* Groupements de promotion féminine

27

Diégoune (8), Kagnobon(15), Djimande (4)

* Elevage:

_ Bovins

Environ 5000

Pour es 03 villages

Ovins

Indserminé

_ Caprins

loen-

* Projets:

_ Arboriculture _ Maraîchage

1

Diéçoune (Dianack)

__ Fermes

2

Degajne

_ Jardins

7

Deçajne

_ Magasins villageois

1

Kagnobon (C.R.S.)

_ Centres CARA

2

Djimande et Kagnobon (GP jeunes)

Comités de lutte contre feux de brousse

(peu fonctionnels)

3

Kagnobon, Diégoune et Djimande

INFRASTUCTURES - EQUIPEMENTS

* Maison Communautaire

1

Diégoune

* Puits Communautaires

19

Diégoune(4), Kagnobon (12), DjTmande (3)

* Décortiqueuses à riz

2

Kagnobon, Diégoune

* Moulins à mil

7

Diégoune(3), Kagnobon (2), Djimande (2)

* Pistes de production (en latérite)

5

Diégoune _ Kagnobon             3 Km

Diégoune _ Baïla                    9 Km (à réhabiliter)

Diégoune _ Djimande             4 Km

Djimande _ Kagnobon           4 Km (à réhabiliter)

Diégoune _ Balingor             3 Km

* Lotissement villageois envisagé

1

Kagnobon

* Forage (avec château d'eau)

1

Diégoune

* Forage simple

1

Kagnobon

AGENT DE L'ETAT

* Santé

2

Diégoune (01) et kagnobon (01 )

* Enseignants

38

Diégoune, Kagnobon, Djimande

Sources: Enquêtes SENAGROSOL (1998, 1999) et informations CERP de Tendouck (1998).

1.    Situation

Englobant les terroirs des villages de Diégoune, de Djimande et de Kagnobon, la Communauté Rurale de Diégoune couvre une superficie de quelque 120 km2 dont 75% sont voués à l'agriculture pluviale. L'entité est limitée en sa partie nord par le marigot de Ba'ila, au sud par la Communauté Rurale de Balinghor, à l'est par les Communautés Rurales de Sindian et de Tenghori et en sa partie ouest par celles de Thionck-Essyl et de Kartiack.

2.  Caractéristiques du milieu physique

A l'instar de la zone tropicale, la pluviométrie est l'élément climatologique le plus important de la Communauté Rurale de Diégoune, comme du reste de la Basse Casamance correspondant à la Région administrative de Ziguinchor (Sénégal). Ici l'influence des alizés et de la mousson déterminent annuellement 2 saisons dont une sèche qui s'étend de novembre à mai et qui alterne avec l'hivernage caractérisé par la pluviosité.

La pluviométrie moyenne annuelle est d'environ 1000 mm. Elle se caractérise par une variabilité interannuelle, même si tendance générale, depuis 1985, est à la régularité.

Au point de vue pédologique, les sols de la Communauté Rurale de Diégoune sont sablonneux à environ 65% correspondant aux terrains plats ou à faible pente. Quant aux sols sablo-argileux ils sont caractéristiques des plateaux et rizières hautes, la texture argileuse (7% environ) étant celle des basses terres salées ou des bas-fonds.

Ainsi suivant la toposéquence, les eaux sont salées sur les tanns et les marigots (bolongs) avoisinants, douces dans les puits villageois et bas-fonds.

La végétation, de type soudano-guinéen, est aujourd'hui en évolution régressive consécutivement au déficit pluviométrique mais surtout en raison de l'action humaine (déboisement et coupes anarchiques, feux de brousse...). L'économie forestière reste cependant dominée par des essences fournissant du bois et des produits de cueillette alors que les herbes d'hivernage fournissent un fourrage partiellement valorisé pour l'élevage.

La Communauté Rurale de Diégoune compte en outre une forêt classée de 1180 ha alors que sa faune sauvage est composée, en majorité, de biches, hyènes, singes et de divers oiseaux (hérons, pélicans, perdrix, tourterelles...).

L'état de la population

Les données relatives à la population et aux principales activités socio-économiques relèvent des enquêtes effectuées en fin 1998 par SENAGROSOL-CONSULT dans le cadre de l'appui que le cabinet d'études et de réalisations apporte au Conseil Rural de Diégoune.

La population totale de la communauté rurale est de 9025 habitants en fin 1988. La structure de la population traduit une inégale répartition entre villages, une légère prédominance du sexe féminin et le poids démographique du village de Kagnobon au plus grand nombre de ménages.

Au point de vue socio-linguistique, la population est surtout de l'ethnie diola (98,7%) et de religion musulmane (99,5%).

Cette population est par ailleurs jeune, les moins de 20 ans représentant 55% de la population totale dont 51% n'a aucun niveau de scolarisation. Dans ces conditions l'agriculture pluviale est pour 49% de la population la principale activité.


La longueur de la saison sèche, la recherche de revenus monétaires voire la scolarisation secondaire concourent à l'exode de la moitié des jeunes ruraux vers les centres urbains du pays comme Ziguinchor mais principalement ceux situés dans l'axe Kaolack, Saint-Louis, et en particulier Dakar.

L'environnement socio-économique

En dépit d'une certaine homogénéité aux points de vue socio-linguistique, la Communauté Rurale de Diégoune est caractérisée par une faible appartenance de sa population à des structures organisationnelles récentes comme les Groupements d'intérêt Economique puisque seulement 29% des personnes enquêtées connaissent où sont membres de ce dernier type d'organisation. Il est cependant à mentionner que les organisations coopératives ou les groupements de producteurs de type traditionnel sont celles suscitant le plus grand nombre d'adhésions (83%) et pourraient être les organes de base en vue du développement local.

En adhérant aux organisations, la principale attente des populations de la Communauté Rurale est de voir croître leurs revenus financiers (68%), une meilleure organisation de la filière des productions étant pour l'instant marginale (6%). La maîtrise par les élus locaux de la décentralisation et du développement local est insuffisante en raison de la faible connaissance des textes législatifs du fait de l'analphabétisme. Au demeurant, près de 63% des enquêtes n'ont aucune connaissance des agents d'encadrement du développement rural dont la fréquence des visites est insignifiante et indéterminée et les relations avec les populations jugées plutôt directives.

Les enquêtes ont par ailleurs permis une appréciation par les populations des problèmes agro-pédologiques. Il ressort que le déficit pluviométrique constaté entre 1968 et 1985 a notamment contribué à la salinisation des basses terres rizicoles, réduit, avec les surfaces agricoles, concouru à l'appauvrissement des sols et à la baisse des nappes phréatiques. Le sous-équipement et la vétusté du matériel agricole, ainsi le très faible recours aux intrants (semences améliorées, engrais minéral, fumure organique...) rendent faibles les productions agricoles dominées par les céréales (environ 800 kg/ha) en l'absence de pratiques signifiantes de gestion des ressources naturelles.

Les trois villages constitutifs de la Communauté Rurale comptant des écoles élémentaires, la problématique scolaire majeure est à situer dans le mauvais état des infrastructures et de l'équipement des écoles d'une part, du nécessaire relèvement du niveau des élèves pour en réduire la forte déperdition en fin de cycle primaire d'autre part. Parallèlement l'effort d'alphabétisation en langue diola est à soutenir notamment à l'endroit des adultes afin de renforcer les connaissances attitudes et pratiques en rapport avec la décentralisation et le développement local.

Plus en rapport avec la structuration socio-professionnelle, la Communauté Rurale de Diégoune est essentiellement composée d'agriculteurs menant par moments des activités de pêche (Kagnobon), d'élevage,

d'artisanat, de cueillette et de transformation de produits forestiers

L'instrument aratoire face aux résultats mitigés de la vulgarisation agricole et de la faible adoption de la culture attelée est la kadiandou à long manche et dont la pelle oblongue permet un labour profond des sols et un enfouissement de la végétation herbacée.

Le labour étant à la charge des hommes, les opérations de semis et la récolte en riziculture relèvent du ressort des femmes.

Aussi en l'absence d'enquêtes sur les revenus des ménages issus du secteur primaire, ceux-ci peuvent être supposés faibles si l'on se réfère aux surfaces emblavées en cultures commerciales et à l'absence ou l'inorganisation des filières agricoles.

Malgré cet hiatus, l'agriculture demeure l'activité principale de la population active et les principales productions sont le riz (950 tonnes), l'arachide (500 tonnes et le mil (100 tonnes). Les autres céréales (maïs et mil), de même que les tubercules ont une production oscillant entre 20 et 30 tonnes, à l'exception du manioc (environ 100 tonnes).


En raison de l'absence d'un système traditionnel d'irrigation des grandes cultures, de la faible maîtrise de l'eau et de la salinisation des terres rizicoles, de l'inadaptation actuelle de certaines pratiques culturales et de la consommation adéquate des intrants agricoles, les rendements à l'hectare sont faibles et un effort de modernisation et d'intensification requis.

L'élevage bovin est caractéristique de la race ndama trypanotolérante. Il est extensif et les parcs de vaccination aménagés inexistants. Le cheptel compte ainsi un nombre indéterminé d'unités dont la divagation en saison sèche ne permet pas une exploitation suffisante et rationnelle des ressources animales et des pâturages en dépit de l'abondance et de la bonne qualité de ceux-ci en fin de saison pluvieuse. La productivité du cheptel est en outre réduite par nombre d'épizooties et le parasitisme tandis que son alimentation en eau au regard des sources disponibles, notamment en saison sèche, pose à la fois des problèmes tant qualitatifs que quantitatifs

La situation géographique de la Communauté Rurale (entre Bignona et Tendouck, soit 32 km) a concouru à son relatif désenclavement consécutivement à la mise en place d'une route latéritique (soit 17 km entre Bignona et Diégoune). Toutefois les communications avec les autres communautés rurales et entre villages sont parfois difficiles du fait de l'état défectueux ou de l'inexistence des pistes rurales qui conditionnent l'adoption de moyens de transport (vélo, charrettes, piétons...).

Au plan sanitaire, la Communauté Rurale compte deux dispensaires et deux maternités dont la localisation de chacune des précédentes unités à Diégoune traduit une prépondérance du chef lieu de la Communauté Rurale et une défectuosité générale des infrastructures et de l'équipement sanitaires. Les maladies les plus courantes sont le paludisme, les diarrhées, l'amibiase, alors que le péril fécal, du fait de la faiblesse du nombre de latrines pose un problème de santé publique et d'assainissement. Le recours à la médecine traditionnelle pratiquée par les guérisseurs participe à la couverture sanitaire de la Communauté Rurale qui ne compte cependant pas d'infrastructure de production d'énergie moderne.

Dans le domaine des loisirs, la Communauté Rurale compte 3 foyers de jeunes et de terrains de foot-ball non aménagés en nombre indéterminé. Nonobstant ces insuffisances les activités culturelles et artistiques sont fréquentes pendant la saison des pluies marquant le recours temporaire des ressortissants résidents dans les centres urbains.

Enfin la Communauté rurale de Diégoune ne compte aucune infrastructure ou activité touristique.

Partenaires au développement

Quelques partenaires au développement ont été identifiés dans la Communauté Rurale. Les plus significatifs sont :

H   Le projet DERBAC en charge du développement rural de la Basse Casamance (Région de Ziguinchor) qui a appuyé la mise en place de quelques puits pour les groupements féminins ;

       Le Projet de Gestion de l'Eau dans la zone Sud (PROGES0 dont l'intervention a permis au village de
activité de protéger ses terres agricoles contre les eaux salées ;

       ENDA (Environnement et Développement en Afrique)   qui a à son actif l'érection de la digue en sac de
sable de Kagnobon ;

       Le Projet d'Appui à l'Autopromotion dans la Région de Ziguinchor (PAARZ) qui a initié un « Point de
Rendez-vous » entre producteurs et acheteurs, mis en place un jardin maraîcher à Diégoune et construit la
caisse rurale d'épargne et de crédit à Kagnobon ;

       Le Programme Micro- Réalisations du FED qui a assisté la mise en place de la clôture du dispensaire de
Kagnobon ;

       « Visa Santé », organisation française, qui a aidé à la fourniture de médicaments et a la consultation (via
des stagiaires) aux dispensaires de Kagnobon et de Diégoune ;


SENAGROSOL-CONSULT qui appuie l'élaboration du plan de développement local de la Communauté Rurale ;

Le Centre d'Expansion Rurale Polyvalente qui intervient à titre de structure étatique d'appui et de conseils.

Perspectives de développement local

Au regard des contraintes identifiées et de la pauvreté qui caractérise la Communauté Rurale de Diégoune, le Conseil Rural envisage l'élaboration d'un plan de développement local pour les années 2000-2005. C'est dans cette optique que le Cabinet SENAGROSOL-CONSULT a déjà apporté son appui au Conseil Rural en vue du recensement systématique de la population de la Communauté intégrant les paramètres démographiques essentiels et les activités majeures de la population résidente. Le recours à la photo-interprétation et la visite des sites, de même que l'administration d'un questionnaire ménages ont permis la collecte d'un ensemble de données de base dont l'analyse future constituera la base d'une planification locale tenant en compte les aspirations des populations et intégrant la politique d'aménagement du territoire dans la perspective de concilier la décentralisation et le développement.

Pour ce faire, le Conseil Rural, par la diffusion de cette monographie, vise une meilleure connaissance de la Communauté Rurale par d'éventuels partenaires et recherche un appui financier pour :

       L'élaboration de son plan de développement local ;

       La formation des élus locaux en matière de décentralisation pour une meilleure prise en charge des
compétences transférées par l'Etat aux collectivités locales ;

       La réalisation et le suivi des projets et programmes qui seront inscrits au plan.

Annexe



MONOGRAPHIE DE LA COMMUNE RURALE DE DIEGOUNE

(Situation en 1999)

DESIGNATION

NOMBRE

OBSERVATIONS

ASPECTS PHYSIQUES:

* Situation géographique

A TEst de rArrondissement de Tendouck

* Superficie totale

120 Km2

Soit 13% de celle de l'Arrondissement

* Superficie cultivable

90 Km*

Soit 75% de la Superficie totale

* Superficie cultivée

_

Variable

* Forêt classée

1

* Types de sols

3

Sois dkx (sableux), soblo-argileux et argileux (salés).

* Climat

Subguinéen avec humidité relativement élevée.

Température moyenne (27°C) avec maximum (35°C)

en avril et minimum (15°C) en décembre. Deux saisons

(sèche de novembre à mai et pluvieuse de mai à

à octobre). Pluviométrie: moyenne autour de 1000 mm/

an/S5 à 70 jours.

ASPECTS HUMAINS:

* Population totale

9025

* Nombre de village

3

Diégoune, Kagnobon Djimande

ASPECTS SANITAIRES

* Poste de santé

2

Diégoune, Kagnobon

* Maternité rurale

3

Diégoune (02), kagnobon (01)

* Case de santé

0

ASPECTS SOCIO-CULTURELS

* Ecoles élémentaires (39 classes)

6

Kagnobon (3), Diégoune (2) et à Djimande (1 )

* Foyers des jeunes

3

Kagnobon (2), Diégoune (1)

* Grandes mosauées

4

Kajrcfcon (2). Diégoune (2)

* Bois sacrés

5

Au moins 01 par village

ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES

* Coopérative rurale

1

Kagnobon

* Groupements de promotion féminine

27

Diégoune (8), Kagnobon(15), Djimande (4)

* Elevage:

_ Bovins

Environ 5000

Pour es 03 villages

Ovins

Indserminé

_ Caprins

loen-

* Projets:

_ Arboriculture _ Maraîchage

1

Diéçoune (Dianack)

__ Fermes

2

Degajne

_ Jardins

7

Deçajne

_ Magasins villageois

1

Kagnobon (C.R.S.)

_ Centres CARA

2

Djimande et Kagnobon (GP jeunes)

Comités de lutte contre feux de brousse

(peu fonctionnels)

3

Kagnobon, Diégoune et Djimande

INFRASTUCTURES - EQUIPEMENTS

* Maison Communautaire

1

Diégoune

* Puits Communautaires

19

Diégoune(4), Kagnobon (12), DjTmande (3)

* Décortiqueuses à riz

2

Kagnobon, Diégoune

* Moulins à mil

7

Diégoune(3), Kagnobon (2), Djimande (2)

* Pistes de production (en latérite)

5

Diégoune _ Kagnobon             3 Km

Diégoune _ Baïla                    9 Km (à réhabiliter)

Diégoune _ Djimande             4 Km

Djimande _ Kagnobon           4 Km (à réhabiliter)

Diégoune _ Balingor             3 Km

* Lotissement villageois envisagé

1

Kagnobon

* Forage (avec château d'eau)

1

Diégoune

* Forage simple

1

Kagnobon

AGENT DE L'ETAT

* Santé

2

Diégoune (01) et kagnobon (01 )

* Enseignants

38

Diégoune, Kagnobon, Djimande

Sources: Enquêtes SENAGROSOL (1998, 1999) et informations CERP de Tendouck (1998).

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